ENTREPRENEUR ... ET HOMME AU FOYER

Vais-je encore entendre que c’est « ma part de féminité » qui s’exprime lorsque je dis que je suis à la fois entrepreneur … et homme au foyer ?

François PINEDA

5/3/20262 min read

Vais-je encore entendre que c’est « ma part de féminité » qui s’exprime lorsque je dis que je suis à la fois entrepreneur … et homme au foyer ?

Quelle absurdité.
À moins de considérer que faire les courses, cuisiner, entretenir une maison ou changer des couches relèvent d’un héritage génétique féminin — ce qui en dit surtout long sur le retard (si ce n’était que du retard…) de certaines idées.

La réalité est bien plus simple.
Ma femme est salariée. J’entreprends. Nous organisons notre vie en conséquence. Point.

Et si je prends aujourd’hui la plume, ce n’est pas pour revendiquer une quelconque exemplarité, mais pour dire une chose simple : mener deux vies de front est non seulement possible, mais profondément enrichissant.

Mon quotidien ?
Celui de n’importe quel indépendant : développer, vendre, accompagner, réussir, échouer, recommencer. J’accompagne des entrepreneur.ses dans la création et la croissance de leurs projets, j’interviens aussi sur des dossiers stratégiques pour des entreprises … tout en pilotant mes propres activités.

Et en parallèle, je fais les courses, je cuisine, je repasse (sans passion, soyons honnêtes), je gère la maison… et je suis aussi le chauffeur officiel de mon fils de 17 ans.

Un fardeau ?
Absolument pas.

C’est même une chance. Parce que cette « double vie » remet les choses à leur juste place. Elle empêche de se raconter des histoires. Elle oblige à distinguer l’important de l’accessoire.

Et surtout, elle casse une posture encore trop répandue — souvent masculine — qui consiste à faire de l’hyperactivité une preuve de valeur :
« Je bosse comme un dingue », « je n’ai pas une minute à moi » …

Je l’ai connue, cette posture. Et je sais aujourd’hui qu’elle relève davantage d’un besoin d’exister que d’une réalité productive. Une forme de virilité terriblement creuse, où l’on confond agitation et importance.

Avec le recul, mes meilleures idées ne sont pas nées derrière un écran.
Elles sont venues en marchant avec Walt, mon golden retriever.
Elles ont émergé dans les discussions avec mon fils.
Elles se sont construites dans ces respirations partagées avec ma femme.

C’est là que se joue l’essentiel.

Prendre soin des siens.
Prendre soin de son foyer.
Être présent, vraiment.

Ce ne sont pas des contraintes. Ce sont des leviers de clarté, d’énergie, d’équilibre — donc, de réussite.

Et pourtant, combien d’hommes les ignorent, voire les rejettent ?

Alors oui, repasser ne sera jamais une passion. Mais à choisir, je préfère mille fois ça à une vie passée à courir après une image de réussite creuse.

À l’heure où les réseaux sociaux regorgent de marchands de recettes miracles, de pseudo-modèles virils et de succès surjoués, je n’ai aucune envie de me « déconstruire » pour cocher des cases.

Je me sens parfaitement construit à affirmer ceci :
je suis entrepreneur autant qu’homme au foyer.
Et j’y trouve un équilibre qui vaut bien plus que toutes les postures.

Il n’existe pas de méthode magique pour réussir.
Mais il existe un socle solide : s’épanouir dans la vie que l’on mène.

Et dans un monde où le travail en solo explose, je crois qu’il est temps de rappeler — surtout aux hommes — qu’il y a une vraie puissance à prendre soin de ceux qu’on aime, de son toit… et de soi.

Allez, je vous laisse, faut que je prépare le dîner (je fais pas mal du tout la bouffe d’ailleurs…)

François